Le réseau électrique breton est le plus fragile de France hexagonale

Vrai !

En bref

A l’instar de la région PACA, la Bretagne est une région historiquement fragile pour son approvisionnement électrique en raison de son éloignement des grands groupes de production, et de la configuration de son réseau. Les choses se sont améliorées durant les dernières années, mais la problématique restera ouverte à long terme avec la décarbonation.

En détail

Le réseau électrique breton est fragile car il forme une péninsule non-bouclée avec très peu de production locale. C’est-à-dire que la Bretagne forme une antenne, éloignée des principaux sites de production électrique, et principalement séparée en 2 branches principales (nord et sud) qui sont mal connectées entre elles et qui ne peuvent donc pas communiquer en cas de besoin.

La Bretagne présente donc une très forte dépendance aux importations depuis les autres régions, avec peu de redondance, ce qui rend la stabilité de son approvisionnement précaire. En cause, la chute de tension le long des lignes haute tension lorsque le transit de puissance augmente.

Si la tension en bout de ligne descend sous un certain seuil, l’électricité doit être coupée pour protéger les équipements du réseau.

Jusqu’à présent, l’ange gardien électrique de la Bretagne était la centrale fioul/charbon de Cordemais, le dernier groupe de production majeur sur le trajet de l’artère 400 kV qui irrigue le sud de la Bretagne jusqu’à Brest. Les groupes de production les plus proches après Cordemais sont les réacteurs de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), quasiment 2 fois plus loin.

Mais, cette centrale, outre le fait que sa fermeture (longtemps repoussée) aura lieu en 2026, constituait également un maillon faible en cas de défaillance (à l’origine du quasi-blackout du 12 janvier 1987).

Il a donc été nécessaire de renforcer le réseau local. La solution retenue aura été de créer une nouvelle liaison souterraine à 225 000 volts entre le nord et le sud de la région.

En revanche, il est à noter que la solution du filet de sécurité 225kv n’était pas la plus performante en termes de sécurité d’approvisionnement, et celle-ci n’a été préférée à la solution de bouclage 400 kV qu’en raison de son caractère plus équilibré entre coûts et acceptation.

Enfin, ce renforcement réseau n’est efficace qu’en complément de la centrale à gaz de Landivisiau, et dans l’hypothèse d’une relative stabilité de la consommation électrique régionale. Or ce statu-quo devra être brisé à l’avenir : 

  • La décarbonation des consommations d’énergies fossiles par l’électrification des usages impliquera une consommation accrue d’électricité.
  • Sans alternative décarbonée aux centrales fossiles locales (Brennilis, Dirinon et Landivisiau), la situation redeviendra précaire lorsqu’elles devront être fermées.

Cependant, le développement de la production renouvelable, malgré son intermittence, tend également à réduire le risque en réduisant l'occurrence des situations de forts imports (mais peut en contrepartie saturer le réseau à l’export en cas de forte production).