La Bretagne sera autosuffisante avec l’éolien et le biogaz

Trompeur !

En bref

La Bretagne dispose d’un potentiel éolien important, à même de produire une quantité annuelle d’électricité suffisante pour couvrir les besoins bruts de la région. Mais le caractère intermittent de cette production imposerait la présence d’un stockage d’électricité ou de gaz qui ne sont pas disponibles dans la région.

En détail

La Bretagne consomme actuellement 22 TWh/an d’électricité.

Produire 100% de l’électricité bretonne avec de l’éolien en mer requerrait 12 parcs éoliens comme celui de Saint-Brieuc, ou multiplier le parc terrestre par 6 (2000 turbines de 5 MW).

Cependant, comme l’éolien ne produit pas à la demande, il faut : 

  • Soit disposer d’une importante capacité de stockage de longue durée (> 1 semaine), ce dont la Bretagne ne dispose pas car l’absence de relief majeur rend caduc la possibilité d’y construire des installations de pompage-turbinage significatives.
  • Soit disposer d’un parc de production thermique à flamme. Avec une pointe de consommation de 5,3 GW, on peut estimer que le besoin de capacité thermique représenterait environ 3 à 4 GW (3~4 fois le parc actuel, ou 6~8 fois Landivisiau). La production annuelle serait d’environ 15% du total, soit 3 TWh, ou 6 TWh de gaz supplémentaire.

C’est une entreprise réalisable.

Côté gaz, le potentiel maximum de méthanisation atteint 13 TWh (13% du potentiel national), tout juste de quoi couvrir la consommation finale régionale de 13 TWh/an, mais sans possibilité d’alimenter les centrales à gaz qui seraient nécessaires 

D’autant plus que le gaz (dont la consommation est fortement saisonnière), s’il se stocke bien mieux que l’électricité, nécessite tout de même soit de larges aquifères profonds, soit des dômes de sel, pour être stocké. Or la Bretagne ne dispose d’aucun des deux.

Mais cela oublie la consommation de produits pétroliers, dont une majorité de carburants routiers, qui représentent 34 TWh/an.

EN CONCLUSION :

La seule manière de produire localement l’entièreté de l’énergie consommée en Bretagne consiste à électrifier les consommations fossiles (13 de gaz et 34 de pétrole). A supposer que l’on puisse toutes les électrifier, la consommation électrique régionale passerait donc de 22 à 35 TWh. Une multiplication par 7 de la production bas-carbone actuelle serait donc nécessaire, et le besoin en gaz pour les centrales d’appoint s’élèverait à 10 TWh, rentrant tout juste dans le budget biogaz de 13 TWh de la région. Mais la question du stockage intersaisonnier du biométhane n’est pas résolue.