La mise en service de la centrale de Landivisiau a permis de sécuriser l’approvisionnement électrique du Finistère.

Vrai !

En bref

La centrale vise à répondre au volet “sécurité d’approvisionnement” du pacte électrique breton, en installant un groupe de production de forte puissance à l’ouest de la région, pour décharger la centrale de Cordemais de son rôle du maintien de tension, et donc de pouvoir la mettre à l’arrêt définitif.

En détail

Pour éviter l’écroulement de tension en Bretagne lors des pointes de consommation, il était nécessaire de disposer d’une capacité de production à l’extrême ouest de la région.

Planifiée par le pacte électrique breton en 2010, la décision de sa construction a eu lieu en 2011. Initialement prévue pour entrer en service en 2016, sa construction ne débutera qu’en 2019, pour une mise en service en 2022 en pleine crise gazière.

Cette centrale fait l’objet d’un très fort soutien public de l’État, malgré son caractère fossile. Son fonctionnement est en effet lourdement subventionné car elle n’aurait jamais été construite dans des conditions de marché par manque de rentabilité. Le montant de la garantie de capacité accordée à TotalEnergy pour l’opération de la centrale s’élève en effet à 42 M€/an.

Sa production annuelle est de l’ordre de 0,7 TWh, engendrant l’émission de 275 kT de CO₂ (équivalent de 140 000 voitures particulières), et le gaz qui l’alimente provient de l’étranger, via le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne (GNL de schiste étasunien).

Comble de l’ironie, le réseau de gaz de la Bretagne n’était lui-même pas assez capacitaire pour accueillir la centrale, et GRTgaz (aujourd’hui Natran) a donc dû le renforcer.

Si Landivisiau vise à rendre possible la fermeture de la centrale à charbon de Cordemais, il n’y a toujours pas de plan pour fermer les centrales au fioul de Brennilis et Dirinon (100 kT de CO₂ par an).

CONCLUSION : VRAI, mais à relativiser !

Si la centrale à gaz de Landivisiau sécurise effectivement l’approvisionnement électrique de l’ouest de la Bretagne, cela s’est fait au détriment du climat, de la qualité de l’air, des finances publiques, et de l’indépendance énergétique.