La Bretagne n’a pas besoin de nucléaire et n’en consomme pas

Faux !

En bref

À ce jour, la Bretagne produit sur son sol 30% de l'électricité qu’elle consomme. La part de 70% d’électricité complémentaire, importée depuis les régions voisines, est majoritairement d’origine nucléaire. Bien que n’ayant pas de centrale nucléaire en activité, la Bretagne consomme bel et bien de l’énergie nucléaire, qui représente près de 50% de la consommation totale d’électricité.

En détail

Sur la dernière décennie, la consommation d’électricité en Bretagne s’établit chaque année entre 21 et 22 TWh. Depuis 15 ans, la part de cette énergie produite localement a nettement augmenté, passant de moins de 10% en 2009 à plus de 30% en 2024. Cette augmentation a été rendue possible par la mise en service d’installations d’énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque et biogaz) mais aussi de centrales thermiques au gaz fossile. 

Néanmoins, la consommation dépend  encore à 70% de l’électricité importée. À titre d'exemple, le graphique ci-après, issu du site éCO2mix de RTE, montre pour la région Bretagne la part de la production régionale (en rose) par rapport à la consommation (en marron) sur une semaine de mai 2026. 

Bretagne : consommation vs production du 11 au 17 mai 2026 (RTE éCO2mix)

Cet autre graphique affiche les mêmes informations sur la même période pour la région Normandie : on constate une production très largement excédentaire, utilisée pour l’exportation vers les régions voisines, dont la Bretagne.

Normandie : consommation vs production du 11 au 17 mai 2026 (RTE éCO2mix)

Or, cette production normande est à 90% d’origine nucléaire. Le solde des flux interrégionaux Normandie > Bretagne en 2024 s’établissant à 3,5 TWh, il en résulte que la Bretagne importe de Normandie plus de 3 TWh d’électricité d’origine nucléaire, principalement depuis le CNPE (centre nucléaire de production d’électricité) de Flamanville.

La même approche sur la région Pays de la Loire montre que, sur un solde de 11,5 TWh, la Bretagne importe des Pays de la Loire environ 7,5  TWh d’électricité d’origine nucléaire. À noter, cette production ne fait que transiter par les Pays de la Loire (qui n’hébergent pas non plus de centrale nucléaire) principalement depuis les CNPE de la région Centre-Val-de-Loire.

On peut conclure que sur une consommation annuelle de 21,7 TWh en 2024, la Bretagne utilise 10,5 TWh soit 48% d’électricité d’origine nucléaire. 

2024 : EXEMPLE ISOLÉ OU CAS RÉCURRENT ?

L’exemple de l’année 2024 proposé ci-avant n’est pas un cas isolé :  même en 2023, année où le parc nucléaire a connu des indisponibilités exceptionnelles, les données de l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne font état de 65% d’origine nucléaire, soit 8,6 TWh sur un total de 13,2 TWh d’électricité importée.

Cartographie des approvisionnements énergétiques de la Bretagne en 2023 (OEB)

Sur une consommation totale régionale de 20,7 TWh, cela représente 41% d’électricité nucléaire sur une année de faible disponibilité du parc, le complément ayant été couvert par un recours accru aux fossiles (notamment via la centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau dans le Finistère, mise en service en 2022).

CONCLUSION

Sur une consommation annuelle stable entre 21 et 22 TWh depuis au moins 10 ans, la Bretagne importe une part importante d’électricité d’origine nucléaire, entre 40% et 50% selon les années. La Bretagne utilise bien un pourcentage significatif  de nucléaire pour subvenir à ses besoins.

Sources :

SOURCES : 

  • RTE éCO2mix données régionales en visualisation : consommation, production et flux interrégionaux

https://www.rte-france.com/donnees-publications/eco2mix-donnees-temps-reel/donnees-regionales#consommation-et-production

  • RTE éCO2mix données régionales en téléchargement : annuel définitif 2024 régions Bretagne, Normandie et Pays-de-la-Loire

https://www.rte-france.com/donnees-publications/eco2mix-donnees-temps-reel/telecharger-indicateurs

  • Observatoire de l’Environnement en Bretagne

https://bretagne-environnement.fr/collection-cartographique/approvisionnement-energetique-bretagne