Tchernobyl, le risque d’un nouvel incident nucléaire permanent
Trompeur !
En bref
En détail
Le risque d’accident nucléaire majeur est extrêmement faible. Les réacteurs sont à l’arrêt définitif depuis 2000, rendant impossible tout accident de type fusion du cœur lié à une réaction nucléaire en chaîne. Le combustible usé a été retiré et est entreposé dans des installations dédiées, où il est maintenu dans des conditions sûres. Les principaux enjeux ne concernent donc plus le risque d’accident nucléaire au sens classique, mais la gestion à long terme du démantèlement, des matières radioactives du cœur endommagé et des structures contaminées [1].
Le réacteur n°4, détruit lors de l’accident, a d’abord été recouvert d’un sarcophage construit en urgence, dont la stabilité à long terme était incertaine. Une arche de confinement a été construite entre 2008 et 2017. Cette structure vise à confiner durablement les matières radioactives, à protéger l’environnement et à permettre le démantèlement du réacteur accidenté.
Les trois autres réacteurs du site ont été arrêtés définitivement et font l’objet d’un démantèlement différé. Cette stratégie consiste à réaliser d’abord certaines opérations (retrait d’équipements, sécurisation), puis à placer les installations sous surveillance pendant plusieurs décennies avant leur démantèlement complet, initialement prévu à partir de 2045.
Un enjeu majeur concerne la gestion du combustible usé. Initialement entreposé dans une piscine (ISF-1), celui-ci est progressivement transféré vers une nouvelle installation d’entreposage à sec (ISF-2), conçue pour une durée de 100 ans. Cette solution améliore la sûreté à long terme en réduisant les besoins de refroidissement actif et les risques associés.
Le 14 février 2025, un drone a percuté l’arche, provoquant une perforation de sa paroi et un incendie. Cet impact n’a entraîné ni victime ni augmentation mesurable de la radioactivité dans l’environnement, confirmant l’efficacité globale du confinement. Néanmoins, il a endommagé certains éléments de la structure et de ses équipements, compromettant partiellement ses fonctions de sûreté, notamment sa capacité de confinement. La dispersion de matières radioactives hors de l’arche ne pourrait intervenir que dans des conditions très extrêmes, impliquant une remise en suspension importante des matériaux présents à l’intérieur du réacteur détruit, sous le premier sarcophage et sous l’arche elle-même [2] [3].
Enfin, la stratégie pour le site repose sur un démantèlement étalé sur plusieurs décennies, avec un objectif initial autour de 2060. Cette approche tenait compte des contraintes techniques, radiologiques et économiques. L’objectif à long terme reste de stabiliser le site et de réduire progressivement les risques, tout en envisageant un possible usage industriel futur malgré la guerre actuelle en Ukraine.