Tchernobyl est la pire catastrophe industrielle du 20ème siècle

Faux !

En bref

Tchernobyl (1986) est le pire accident du nucléaire civil. 2 travailleurs meurent immédiatement, 28 des 134 travailleurs ayant reçu des doses extrêmes décèdent dans l’année et 50 autres depuis. L’OMS calcule quelques milliers de décès potentiels parmi les populations les plus exposées. Mais la pire catastrophe industrielle du XXe siècle reste l’accident chimique de Bhopal en Inde (1984), avec 5 000-25 000 morts et 200 000-800 000 blessés.

En détail

La comparaison doit distinguer morts immédiates, décès attribués à court terme, projections à long terme, et nombre total de personnes touchées. À Tchernobyl, l’UNSCEAR recense 2 morts immédiates et 134 cas de syndrome d’irradiation aiguë, avec 28 décès en 1986 parmi ces 134 personnes [1]. En 2005, l’OMS indiquait que moins de 50 décès avaient alors été directement attribués aux radiations, tout en retenant jusqu’à 4 000 décès supplémentaires possibles parmi les groupes les plus exposés [4]. L’UNSCEAR signalait aussi plus de 6 000 cancers de la thyroïde observés chez les personnes exposées dans l’enfance ou l’adolescence, dont 15 mortels à cette date [1].

À Bhopal, l’OMS retient au moins 3 800 morts immédiates dues à l’explosion d’une usine de pesticides [4]. L’OIT indique que plus de 500 000 personnes ont été exposées au gaz toxique [2]. Les bilans cumulés varient ensuite selon les sources et la date retenue : la base ARIA (ministère de l’environnement français) rappelle un premier bilan officiel de 1 754 morts et 170 000 intoxiqués, puis mentionne 3 350 morts en 1989, 16 000 en 1998, et, dans une synthèse ultérieure, une fourchette de 5 000 à 25 000 morts et de 200 000 à 800 000 blessés selon les sources [3].

Tchernobyl reste le plus grave accident du nucléaire civil [1]. Mais dès qu’on compare les bilans humains, Bhopal présente des ordres de grandeur bien supérieurs : les quelques dizaines de morts directement attribuées aux radiations de Tchernobyl et quelques milliers de décès projetés au maximum pour les populations les plus exposées [1] [4] sont à comparer aux milliers de morts immédiates et aux centaines de milliers de victimes à Bhopal [2] [3].

Sources :

[1] UNSCEAR, The Chornobyl Accident.

[2] OIT, Introduction to chemical safety in the world of work.

[3] Base ARIA, Ministère français de la Transition écologique. https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/wp-content/files_mf/FD7022bhopal_India_10042014_GB.pdf

[4] OMS, Chernobyl: the true scale of the accident.

Illustration: https://www.lemonde.fr/europe/article/2011/04/19/vingt-cinq-ans-apres-la-communaute-internationale-au-chevet-de-tchernobyl_1509685_3214.html