Scénario catastrophe 3 – En 2100, de l’eau radioactive contamine le réacteur d’une centrale.
Faux !
En bref
En détail
Une faille tectonique n'apparaît pas brutalement dans une zone non sismique (les échelles de temps de la géologie sont de millions d’années). D’ailleurs, une nouvelle faille géologique n’est pas liée au changement climatique en soi, donc ce scénario est tout à fait hors de propos.
La Grande-Bretagne projette effectivement l'enfouissement de ses déchets de haute activité dans un stockage géologique sous-marin (plusieurs pays ont déposé des fûts contenant des déchets radioactifs de différents types sur le fond marin entre 1960 et 1993, date à laquelle l'interdiction de la pratique est entrée en vigueur) . Cependant, le choix d'un tel site est conditionné par sa stabilité géologique et notamment son éloignement d’un lieu où une faille serait susceptible de se former. Si cela se produisait néanmoins, ce phénomène nécessiterait des millions d'années, bien plus que la durée de dangerosité des déchets eux-mêmes qui ne dépasse pas quelques centaines d'années en cas de contact, et quelques dizaines de milliers d'années en cas d' ingestion.
Le niveau de fuite de déchets stockés sous la mer, leur intensité, la dilution qu’ils subiraient etc. rendent impossible l’hypothèse d’une eau significativement contaminée radioactivement atteignant les côtes. Il n'existe de toute manière pas d'isotope dans les déchets qui puisse avoir un effet neutronique significatif sur la réaction nucléaire.
Par ailleurs, l’eau injectée dans le circuit primaire subit de nombreux traitements, y compris une déionisation poussée qui en retire la quasi-totalité des ions dissous, radioactifs ou non. L’activité radiologique des divers circuits d’un réacteur est de plus contrôlée en permanence, l’opérateur remarquerait immédiatement la contamination.
Cette fiche a été sélectionnée pour apporter un éclairage sur la vision du nucléaire présentée dans le film Rembrandt.