Les catastrophes de Fukushima et de Tchernobyl ont eu des conséquences massives sur la biodiversité locale.

Incomplet !

En bref

Les faits suggèrent un réensauvagement au sein des zones d’évacuation de Fukushima et de Tchernobyl, la présence humaine créant une plus grande pression sur les populations animales que les niveaux de radioactivité. Certaines espèces apparaissent plus affectées que d’autres par les effets des radiations.

En détail

Si les deux catastrophes ont conduit à une dissémination de produits radioactifs dans l’environnement, la superficie et le niveau de contamination sont plus importants à Tchernobyl. Deux phénomènes ont eu lieu de manière concomitante : la hausse de l’exposition à la radioactivité des espèces présentes localement et le départ des populations humaines de ces zones.

À Tchernobyl, lors de la phase aiguë de l’accident, des dommages importants à la biodiversité ont été observés. Notamment, dans une zone de 6 km² autour de la centrale, 90 % des pins sont morts [1]. 

Toutefois, les chercheurs s’accordent à dire que la zone de Tchernobyl abrite désormais une large biodiversité [2][3]. Le programme TREE, qui étudie les effets des radiations sur la biodiversité, a détecté la présence nouvelle dans la zone d’ours bruns et de bisons européens . Des loups et des chevaux sauvages y prospèrent également [3].

 À Fukushima, l’accident n’a pas été suivi d’effets visibles à court terme sur la faune et la flore. À long terme, on observe ici aussi un réensauvagement de la zone évacuée, notamment par les mammifères et les gallinacés [2].

Des effets différents selon les espèces

Les effets de la radioactivité sur la biodiversité locale sont différenciés selon les espèces, moins ou plus sensibles à la radioactivité, qui s’adaptent mieux ou moins bien aux niveaux d’exposition locaux [3]. 

À Tchernobyl, la faune dans la zone d’exclusion présente plusieurs modifications génétiques associées à des décennies d’exposition aux rayonnements - certaines clairement nocives mais d’autres qui reflètent l’adaptation et la sélection.[4]

À Fukushima, la taille des populations d’oiseaux semble avoir diminué [5]. On observe également des anomalies individuelles, qui ne menacent pas pour autant la viabilité des populations. Finalement, un certain nombre d’espèces se sont adaptées au niveau de radioactivité local, à l’image des grenouilles qui tendent à devenir plus foncées dans les zones fortement contaminées [3]. 

Pour un grand nombre d'espèces, la contamination due à un accident nucléaire semblerait moins nocive que la présence humaine. L’occupation militaire russe en 2022 de la zone de Tchernobyl, qui a perturbé la terre et remis en circulation des particules radioactives, a rajouté une couche d’incertitude concernant la récupération de l’écosystème de la zone.