L’énergie de la mer suffit à approvisionner toute la région

Trompeur !

En bref

Que ce soit les hydroliennes ou les houlomoteurs, les coûts de construction, de maintenance et de raccordement sont particulièrement prohibitifs. De plus, afin de couvrir la consommation actuelle de la région, il faudrait saturer l'ensemble de la côte bretonne de ces installations.

En détail

L’hydrolien peut en théorie, en déployant des installations à divers endroits stratégiques et déphasés sur leurs horaires de marées, assurer une certaine production minimale garantie. Mais celle-ci sera toujours modulée selon l’intensité du coefficient de marée.

Cet effet se voit très bien sur l'application Eco2Mix de RTE en se concentrant uniquement sur la production hydraulique bretonne (dominée par l’usine marémotrice de la Rance) : l’amplitude du double pic de production journalier varie selon un cycle de 2 semaines (l’orbite lunaire dure un peu moins de 28 jours).

Au Raz Blanchard, l’une des meilleures zones au monde pour installer de l’hydrolien, la vitesse du courant entre les petites et grandes marées varie d’un facteur 2, la puissance moyenne journalière productible varie donc d’un facteur 8 (2 au cube).

Cependant, les coûts de construction et de maintenance très élevés (en raison de l’environnement marin très agressif par le sel, l’abrasion sédimentaire et l’encrassement biologique) rendent la technologie prohibitive en regard des alternatives. En conséquence, il n’existe toujours pas de déploiement à échelle industrielle nulle part dans le monde.

Par ailleurs, sauf à sacrifier la rade de Brest, le golfe du Morbihan ou la baie du Mont Saint-Michel, les possibilités offertes par le marémoteur sont pratiquement inexistantes.

Concernant le houlomoteur (énergie des vagues), si l’on se réfère au seul dispositif de ce type qui a atteint le stade industriel (Pelamis, 750 kW par machine de 180 mètres de long, 4 mètres de diamètre, 1350 tonnes, facteur de charge de 20%), il en faudrait plus de 16 000 pour produire l’équivalent de la consommation électrique bretonne. À raison d’une machine tous les 200 mètres, cela fait 5 rangées de machines ceinturant toute la côte de la région.

Et son coût est extrêmement élevé, de l’ordre de 250 à 500 €/MWh