Le Japon a amélioré son bilan environnemental après Fukushima
Faux !
En bref
En détail
La production électrique des réacteurs nucléaires arrêtés à la suite de l'accident de Fukushima (dont plus de la moitié était pleinement opérationnels) a été remplacée par des énergies fossiles, essentiellement charbon et gaz.
Cette production d'électricité fossile a entraîné une hausse des émissions de CO2 de 36 % par kilowattheure entre 2010 et leur pic en 2013. Ces énergies fossiles essentiellement importées ont fait chuter le taux d’indépendance énergétique de 20 % à 6,5 % en 2012. Entre l’accident et 2035, l'émission de 2.2 milliards de tonnes de CO² aurait pu être évitée.
Depuis 2012, le Japon a poursuivi le développement de centrales électriques au charbon : une douzaine d’unités ont été mises en service, tandis qu’une quinzaine supplémentaires ont été planifiées ou mises en chantier au cours de la décennie suivante. Si plusieurs projets ont depuis été abandonnés ou retardés face aux pressions internationales et aux objectifs climatiques, le charbon demeure une composante importante du mix électrique japonais, éloignant encore le pays de la trajectoire compatible avec l’Accord de Paris.
Parallèlement, la dépendance accrue aux importations d’énergies fossiles — notamment de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole — a continué de peser sur la balance commerciale et sur l’indépendance énergétique du pays. En 2024, ces importations représentaient encore plus de 180 milliards de dollars malgré le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires. Cette situation a contribué à maintenir des prix élevés de l’électricité, en hausse d’environ 10 à 20 % selon les secteurs.
Au cours des premières années après l’accident et la fermeture des centrales nucléaires, les industriels ont été contraints de réduire leur consommation d’électricité et de faire travailler leurs employés la nuit et les weekends afin d’éviter des coupures. Ces impacts sont venus s'ajouter aux difficultés déjà significatives rencontrées par l'économie et la population japonaises du fait des conséquences du séisme et du tsunami.
La situation s’est considérablement améliorée depuis, grâce notamment au déploiement d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire.
Le Japon a ainsi pu réduire ses émissions à gaz à effet de serre entre 2013 et 2025, en partie dû aux effets de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mais aussi à une augmentation de la contribution des énergies renouvelables, notamment solaire et hydro-électricité, et le retour sur le réseau de 15 centrales nucléaires arrêtées en 2011, qui ont fourni environ 9% de l’électricité du pays en 2025.
En 2020, le premier ministre Yoshihide Suga a annoncé que le Japon vise la neutralité carbone d’ici 2050, c’est-à-dire un bilan carbone net zéro où les émissions de gaz à effet de serre sont entièrement compensées par des absorptions ou réductions. L’objectif repose sur l’innovation technologique (batteries solaires avancées, hydrogène), les énergies renouvelables et un retour progressif au nucléaire sû
Sources :
○ https://ewoken.github.io/world-data-app/#/country/JP
○ https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301421519303611 – Dernière figure (conclusion)
○ BP Statistical Review of World Energy
○ Centrales à charbon : politique domestique du Japon – DG du Trésor
○ https://centreasia.eu/japon-bilan-de-lenergie-nucleaire-dix-ans-apres-fukushima/
○ https://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/art_gd.pdf
○ http://energyatlas.iea.org/#!/tellmap/1378539487/0
○ https://eneken.ieej.or.jp/data/5252.pdf