L’amalgame est souvent fait entre les victimes de la catastrophe naturelle et l’accident nucléaire de Fukushima

Vrai !

En bref

De nombreuses personnalités politiques, associations antinucléaires et médias, entretiennent la confusion entre les victimes de la catastrophe naturelle et l’accident nucléaire de Fukushima, instrumentalisant la mémoire des victimes et du drame qu’ont vécu et que vivent encore le Japon et les Japonais.

En détail

La catastrophe qui a frappé la région du Tōhoku au Japon a eu comme origine un tsunami, lui-même provoqué par un séisme sous-marin. Des villages, hameaux, écoles, hôpitaux, maisons de retraite, centres commerciaux, zones industrielles, peuplés de gens, ont été balayés par la vague géante. La région côtière a été entièrement ravagée, et le tsunami a fait près de 18 500 morts.

Et pourtant, cette tragédie et ses victimes semblent aujourd’hui condamnées à rester à jamais dans l’ombre de l’accident nucléaire, conséquence, lui aussi, de ces événements naturels. Dès le lendemain de la catastrophe une multitude d’intervenants publics ont démarré ce qui constitue le contraire d’un travail de mémoire : un travail d’omission, voire de manipulation. Personnalités politiques, militants, associations, médias, anonymes sur les réseaux sociaux – ont entamé un travail de réécriture de l’histoire. Au gré des communiqués de presse, déclarations publiques, reportages, articles ou simples posts, les victimes du séisme/tsunami ont disparu ou sont devenues des conséquences de la catastrophe nucléaire.

Les déclarations des comités scientifiques tels que l’OMS et l’UNSCEAR confirmant que les rejets radioactifs de la centrale nucléaire n’ont pas fait de victime observable 15 ans plus tard, et que l’on n’en attend aucune, n’ont pas empêché un imaginaire collectif solide de se constituer pour une majorité de la population. Une population pour qui le nom de Fukushima est désormais associé à celui de la centrale nucléaire et aux milliers de victimes dont elle n’est  pourtant pas responsable.

Quelquefois, l’amalgame est probablement fait par méconnaissance, comme dans ce journal de France Inter du 23 juillet 2017 qui allait jusqu’à attribuer le tsunami lui-même et ses victimes à l’accident nucléaire. Quelquefois, il est fait par omission – les victimes sont escamotées à la faveur des mentions à l’accident nucléaire. 

Les victimes de la catastrophe naturelle sont devenues à leur insu un élément dans la panoplie des militants anti-nucléaires, et leur mémoire un accessoire qui peut ou non être mentionné, suivant les besoins de la communication politique du moment. Leur opinion quant à l’utilisation de l’énergie nucléaire leur est propre et à ce titre doit être respectée, cet accident est grave et aurait pu avoir des conséquences qui l'auraient été bien plus. Cela  justifie d’autant moins une manipulation des faits et de l’opinion. La peur et la panique ne sont pas bonnes conseillères. Se préparer à répondre à un risque si c’est là l’objectif recherché, doit commencer par bien le comprendre. 

Sources :