La fermeture de réacteurs nucléaires suite à l’accident de Fukushima a ralenti la lutte contre le réchauffement climatique

Vrai !

En bref

Suite à l’accident nucléaire de Fukushima, de nombreux pays ont fermé des centrales nucléaires sûres et opérationnelles ou ont mis fin à leurs projets de construction, impactant négativement et durablement les efforts mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique.

En détail

L’accident de Fukushima et ses conséquences médiatiques ont eu un impact négatif non négligeable dans la lutte contre le changement climatique. La peur provoquée par cet accident, légitime juste après l'accident et tant que l'incertitude a subsisté, a été instrumentalisée et pérennisée artificiellement par le mouvement antinucléaire et a entraîné une perte de confiance générale. Celle-ci a donné un véritable coup d'arrêt à de nombreux programmes nucléaires civils de par le monde. Si certains pays comme la Chine n'ont fait que suspendre leurs programmes, d’autres ont pris des mesures plus radicales. 

  • Alors que, début 2011, le gouvernement allemand s’apprêtait à prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires, après l’accident il décréta la fermeture immédiate de 8 GW sur les 22 GW de capacités nucléaires du pays, pour une sortie progressive et complète prévue en 2022.
  • La Suisse interrompit le renouvellement de son parc nucléaire.
  • La Belgique initia la mise à l'arrêt définitif de ses 7 réacteurs (en principe pour 2025, mais 2 unités ont été prolongées jusqu’en 2035).
  • Le Japon ferma la totalité de son parc de 54 réacteurs,  pour ne redémarrer les réacteurs qu'au compte-goutte depuis quelques années (15 unités revenus sur le réseau au début février 2026).  

Au-delà de ces conséquences très visibles, le détournement de l'opinion publique du nucléaire sur la base de la désinformation sur l’accident de Fukushima déstabilisa fortement l’industrie nucléaire. 

Cependant, la crise de l’énergie qui débuta fin 2021 et s’empira à l’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022, mettait en lumière l’avantage de la souveraineté énergétique, notamment en Europe, ramenant l’énergie nucléaire au centre du débat. 

Début 2026, la liste de pays européens qui reprennent des programmes nucléaires abandonnés ou mis sous cocon, voire de nouveaux entrants qui déclarent qu’ils veulent construire des centrales nucléaires (Estonie, Danemark, Norvège…), ne cesse de s’allonger.  Trois des réacteurs belges qui devaient fermer l’an dernier sont partis pour de l’exploitation prolongée. La Suisse réfléchit à rouvrir la voie à de nouveaux réacteurs pour remplacer leur parc vieillissant, tout comme les Pays-Bas qui ont annoncé leur intention de construire deux nouveaux réacteurs de grande puissance et plusieurs plus petits. Le gouvernement espagnol réfléchit à prolonger l’exploitation des plus vieux réacteurs du pays.

Sur le plan international, la Chine, qui avait marqué une pause dans son programme nucléaire après Fukushima, est en passe de dépasser la France en nombre de réacteurs nucléaires installés et aura le plus grand parc nucléaire du monde dans quelques années. Plusieurs pays en Asie, Afrique, et Amérique Latine ont annoncé s’engager dans des études et/ou des projets pour de nouvelles centrales nucléaires.  

Les Etats-Unis, toujours moteur sur la scène internationale, ont accéléré la reprise de leur industrie nucléaire, allant jusqu’à rouvrir des centrales fermées et poussant le développement de types nouveaux de réacteurs - des Small Modular Reactors, petits réacteurs modulaires - qui seraient construits par centaines dans les décennies à venir. 

Au Canada, la construction d’un ensemble de SMR est prévue imminente en 2026 à Darlington, avec d’autres projets dans les tuyaux d’autorisations.

Même au Japon, 15 réacteurs ont redémarré depuis l’accident de Fukushima et 18 autres sont en attente d’autorisation de redémarrer . Deux unités sont encore en construction, et le nouveau gouvernement vise la construction de réacteurs de nouvelle génération.

Parmi les grands pays industriels, il n’y a guère que l’Allemagne - le premier à renoncer politiquement à l’énergie nucléaire en faveur d’un programme gigantesque d’installations renouvelables, notamment des parc éoliens et des panneaux solaires - qui soit restée sur cette ligne politique.