Fermer les centrales nucléaires permet de protéger l’environnement et sauver des vies
Faux !
En bref
En détail
Le bilan sanitaire et climatique de la fermeture prématurée de centrales nucléaires, opérationnelles et sûres à la suite de l’accident de Fukushima-Daiichi est estimé à 260 000 décès et à près de 17 800 millions de tonnes de CO2 émises (soit 6 mois d’émissions mondiales) d'ici 2035.
A la suite de l'accident, le gouvernement allemand a abandonné la révision en cours de sa politique de transition énergétique qui aurait permis de prolonger le recours au nucléaire. La nouvelle politique a au contraire accéléré la sortie du nucléaire et décidé la fermeture immédiate de 8 réacteurs sur 17, avec une accélération de la fermeture des autres à l’horizon 2022. Certes, cette politique n’a pas augmenté les émissions de CO2 du secteur électrique grâce à un développement des énergies éoliennes et solaires, et des économies d’énergie dans le secteur résidentiel. Mais, développer au même rythme ces énergies, décarbonées mais intermittentes, et fermer des centrales au charbon plutôt que les centrales nucléaires, aurait permis d’éviter l’émission de 1.4 milliards de tonnes de CO2 et la mort précoce de 21 000 personnes sur la période 2011-2035.
Grâce au nucléaire, l'Allemagne aurait pu entamer résolument sa transition vers une économie décarbonée plutôt que de se contenter de ne pas augmenter ses émissions.
Au Japon, l’arrêt de réacteurs nucléaires opérationnels a conduit à une augmentation de près de 200 millions de tonnes de CO2 par an entre 2010 et 2012. Sur la période 2011-2035, si ces réacteurs avaient continué de produire, c’est 2.2 milliards de tonnes de CO2 qui auraient pu être évitées, et le décès de 23 300 personnes.
Les effets de la précarité énergétique sont également un aspect de plus en plus souvent intégré dans les bilans sanitaires auprès des populations. Ainsi, une étude du NBER* indique que l’on peut estimer à 1 280 (jusqu’à 4 500) le nombre de morts de froid au Japon suite à l’augmentation brutale des prix de l’électricité (+38 %) qui a fait suite à l’arrêt des réacteurs nucléaires fournissant une électricité compétitive.
*Le NBER pour National Bureau of Economic Research est un organisme à but non lucratif américain consacré aux sciences économiques.
Sources :
○ https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301421519303611 – Dernière figure (conclusion)
○ https://www.nber.org/papers/w26395 – Page 21
○ https://www.lefigaro.fr/international/2011/05/30/01003-20110530ARTFIG00679- nucleaire-angela-merkel-cede-aux-ecologistes.php