L’industrie nucléaire n’a rien appris de Fukushima

Faux !

En bref

L’analyse et le retour d’expérience de cet accident, qu’on ne doit pas sous- évaluer et qui était évitable, ont permis l’amélioration du niveau de sûreté des réacteurs nucléaires, au Japon et dans le monde, avec la participation active et immédiate de l'industrie nucléaire mondiale.

En détail

L’important retour d’expérience de l’accident a permis d’améliorer encore la sûreté nucléaire au Japon et dans le reste du monde. 

Après l’accident de Fukushima, l’agence de sûreté nucléaire japonaise a été dissoute puis refondée. De nouveaux standards de sûreté ont été présentés en Juillet 2013, concernant la conception des réacteurs, les protections contre les tremblements de terre et les tsunamis ainsi que la limitation des conséquences des accidents graves.

Dans les minutes qui ont suivi l'accident, l'industrie nucléaire mondiale a apporté son assistance, que ce soit pour l'apport d'expertise nécessaire, la gestion de la crise après l’accident, ou les moyens logistiques qui faisaient défaut du fait de l'ampleur de la catastrophe liée au tremblement de terre et au tsunami.

Dans les mois suivants, l'ensemble des exploitants, les autorités de sûreté, les centres de R&D et les fournisseurs d'équipements et de services se sont mobilisés avec un double objectif: prendre les mesures immédiates qui faisaient défaut à l’exploitant de Fukushima-Daiichi, Tepco (dispositifs de protection contre les rejets dans l’atmosphère et l’explosion d’hydrogène, en particulier) et lancer les études complémentaires de sûreté pour analyser les raisons de l'accident, en particulier concernant la prise en compte d'agressions externes majeures. Celles-ci ont donné lieu à l'établissement de nouvelles mesures à mettre en place sur les installations existantes, dont la plupart ont été déployées et les autres sont en cours.

Depuis l’accident, partout dans le monde, des améliorations ont été apportées sur les centrales existantes et le retour d'expérience intégré aux réacteurs de conception nouvelle tels que l'EPR. Notamment, l’Autorité de Sûreté Nucléaire française avait déjà imposé, à la suite de l’accident de Tchernobyl,  de rapprocher la sûreté des réacteurs en exploitation  du niveau retenu à la conception de l’EPR, ce qui constitue un objectif particulièrement ambitieux et exemplaire. Cet objectif a été renforcé, après Fukushima, par un programme conçu par Electricité de France pour faire face à un accident type “agression externe” qui consistait à équiper toutes les centrales de moyens d’ultime secours et à créer la Force d'Action Rapide du Nucléaire, capable d'intervenir sur n'importe quel site en moins de 24h. Ce programme, désormais intégré aux travaux d’amélioration des centrales pour une exploitation après 40 ans, est prévu d’être achevé en 2034.